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Tu es père. Je te vois d'ici, car tu as un excellent cœur ! tu baises ma lettre, et tu bénis Gaudet : père d'une fille charmante, qui ressemblera un peu à sa mère, un peu a toi, un peu à la gentille Ursule, un peu, je crois, à Minerve Parangon; c'est dire, qu'elle aura tous les charmes et toutes les grâces : en effet, ... | novel_0 |
Tu sais ma première aventure. J'étais innocente dans toute la valeur du terme, quand M. Edmond, qui n'était encore qu'un paltoquet, mais que je croyais un petit maître du premier ordre, m'en imposa par, son air demi civilisé. Il cueillit ma fleur : je n'en avais qu'une; mais dix lui auraient également été sacrifiées, t... | novel_2 |
Un instant après, je lui ai dit : « Vous qui prétendez que dans tous mes désirs, dans tous mes goûts, je ne dois avoir que la raison pour guide, il me semble que vous ne feriez pas mal de garder le conseil pour vous. -- Oh ! moi ! c'est autre chose, ma sœur ! j'éprouve un sentiment invétéré, profond; dès que je l'ai eu... | novel_3 |
Le vieillard n'a pas manqué, sans doute par inquiétude. Il est venu, suivi de tout son monde, de peur de surprise, et il a pénétré dans le boudoir de la belle. Ils ne se sont pas reconnus d'abord. Suivant les ordres qu'avait reçus Filippa, à qui l'on avait fait entendre que c'était un riche dupe, elle l'a reçu dans une... | novel_5 |
J'ai vu notre bon papa ces jours-ci, et je lui ai bien parlé de toi. Voici ses propres paroles : « Ma fille, je m'en rapporte tout à fait à vous pour votre sœur, et surtout j'approuve fort le parti que vous avez pris de l'envoyer à Paris, sous la conduite de la respectable Mme Canon, que j'ai toujours honorée, quoique ... | novel_6 |
Edmond ne verra la missive qu'en temps et lieu; et je vais profiter des lumières qu'elle me procure pour hâter le succès de mon projet ! Quoi ! belle Parangon ! vous venez à Paris chercher votre violeur ! Colombe gémissante, vous voulez donc encore tâter du péché ? Eh bien, vous en tâterez, je vous jure, ou je ne pourr... | novel_7 |
Chère petite, trouve-toi ce soir rue... Gaudet y est ce n'est plus mon ami; je ne le reconnais plus; c'est un forcené. Il a fait une action infâme, abominable, que je déteste; il faut avoir été..., pour porter la vengeance à cet excès. Dans ma fureur, je poignarderais encore le vieillard : mais sa fille ! l'innocence, ... | novel_18 |
Il s'agit de rendre heureuse la sœur de mon ami. Pour cela, il faut que vous la connaissiez parfaitement. Mlle Ursule est une fille haute, capricieuse, inconstante, et plus inconséquente encore. Il faut la mater pour son propre avantage, autant que pour le vôtre, et lui montrer ce que vous êtes, dès avant le mariage : ... | novel_20 |
Tu as raison, chère cousine, et je viens de le dire à l'homme dont tu te plains à juste titre. Ses réponses sont pitoyables ! Toujours ce qui est plus utile à ton frère ! En vérité ! les hommes croient que nous ne devons exister que pour eux ! Voici mon avis, à moi : je rebuterais le marquis, au point qu'il faudrait qu... | novel_21 |
D'abord, dès qu'Edmond eut marqué qu'il avait changé d'idée, au sujet de Mlle Edmée, on en fut chez nous très aise; attendu qu'on y aime bien Mlle Fanchette, et qu'on aurait bien regretté que cette alliance manquât, à cause de tous ses avantages, tant pour Edmond, que pour vous, chère sœur; on disait qu'il vous serait ... | novel_22 |
Il est à craindre qu'Ursule ne se tue, ou qu'elle ne se fasse tuer. Depuis une lettre qu'elle t'a écrite, elle nous ôterait, si elle pouvait, tous les hommes qui viennent ici. Cependant, elle est absolument gâtée; je le lui ai dit; mais elle ne m'écoute pas. Plusieurs hommes incommodés par elle, sont furieux et l'aurai... | novel_24 |
I. Il est permis d'assassiner à la guerre, c'est-à-dire, de guetter nommément un ennemi, et de le coucher par terre d'un coup de fusil, de pistolet, de sabre, d'épée, de poignard. On tue licitement, en se battant dans la mêlée. On peut violer, si le général qui met la ville au pillage, l'ordonne; l'infamie retombe sur ... | novel_27 |
Qu'en aurait obtenu de plus Turenne ou de Saxe ? Mais il faut ici considérer, ma chère fille, que ce n'est pas le crime ou le vice qui intéresse; c'est une certaine hardiesse, une certaine grandeur : un scélérat bas, un vil empoisonneur, n'excite que le frissonnement et l'indignation. Il faut donc, dans un état scabreu... | novel_28 |
Ô ma chère sœur, ouvre-moi un asile dans tes bras ! je suis environnée d'horreurs et d'effroi ! Mon mari, si raisonnable, si pieux, si sensible, marche sombre, morne; il ne fait pas attention à moi (c'est la seconde fois que ça lui arrive, et c'est la marque des grands malheurs !...) depuis une fatale lettre qu'il a re... | novel_30 |
À qui m'adresser, dans la situation cruelle où je me trouve, entre les mains d'un homme assez peu délicat... Ah ! je l'abhorre ! juste Dieu ! qui m'aurait dit... Ma chère parente, si cette lettre te parvient, engage M. Gaudet à me secourir !... Je me mœurs... Je suis, à ce que je puis entrevoir, et si l'homme qui te re... | novel_31 |
Après le départ de ta faible sœur, j'ai fait nettoyer Filippa, je l'ai fait parer; j'ai sacrifié des diamants qui ne devaient pas me revenir, et je l'ai fait loger vis-à-vis son père. Il l'a vue sans la connaître : elle avait des laquais, un carrosse. Un porteur d'eau habillé était son amant : je n'ai pas regardé à la ... | novel_36 |
VI. Les prétendus abus de la religion sont devenus nécessaires avec le changement des circonstances. Par exemple, il n'est personne qui, l'Évangile à la main, ne condamne la représentation, le cérémonial introduit dans la religion, et surtout les richesses. Cependant, si l'on fait attention que la religion chrétienne, ... | novel_37 |
Après avoir écrit cette lettre, je la déchirai, ne trouvant pas qu'il fût à propos de l'envoyer; mais je ne la brûlai pas, n'ayant pas en ce moment de feu dans ma chambre, à cause de la saison. Toinette entra, qui m'ayant distraite par quelque chose, me la fit oublier. Je sortis avec elle. À mon retour, je la cherchai,... | novel_38 |
Après avoir subi l'horrible humiliation qui termine l'autre feuille, je fus parée comme dans les jours de ma gloire, mais en coureuse des rues, avec des mouches ridicules sur mes contusions, et en cet état, livrée à la dérision des valets. L'Italien, accosté de son nègre, commandait cette canaille, qui d'abord, à la vu... | novel_41 |
Heureusement son fils aîné s'est trouvé là, pour empêcher que sa tête ne portât à terre, et il l'a posée sur sa chaise, où elle a repris un peu ses sens. Et notre père l'a regardée, en lui disant : « Ma femme, le Seigneur nous a frappés par les objets de notre orgueil et de notre vanité folle; résignez-vous à sa justic... | novel_47 |
Où es-tu, Philomèle ? qu'es-tu devenue, voix enchanteresse, qui eût désespéré le rossignol ? Laruette, actrice adorable, je n'entendrai plus tes divins accents ! je ne verrai plus ton jeu noble et vrai ? Mais Mandeville me reste encore; et puisse-t-elle ne pas quitter la scène, tant que j'aurai des yeux pour la voir, e... | novel_48 |
Je t'avouerai, ma chère bonne amie sœur, que je commence à concevoir de grandes espérances pour mon frère Edmond, ou pour moi-même. Le marquis trouve souvent le moyen de me parler : avec de l'argent on fait tout, en ce pays-ci. Hier, il m'a juré que si je consentais au mariage secret qu'il m'avait proposé, il ferait qu... | novel_51 |
Ah ! j'approche à peine de la vérité. -- Je veux vous en croire : mais, cher cousin, ne nous complimentons pas, et soyons fermes l'un et l'autre contre l'ennemi de notre repos et de notre bonheur : vous aimez votre femme... -- Je l'adore. -- C'est une vertu dans votre cœur; elle vous rendra heureux... Mais, mon cher Ed... | novel_55 |
Il faudra éviter les faiblesses de tempérament, ou du moins tâcher qu'elles soient inconnues; si pourtant il vous en arrivait, il y a une ère de les faire passer, je l'appelle à la Gaussin, parce que cette actrice savait faire excuser ses goûts, les plus bas, par la manière dont elle les satisfaisait. Mais le mieux est... | novel_56 |
Celui-ci avait répondu avec force (car il avait appris la mort de son fils la veille) : « Jamais ! » ajoutant plus bas : « Il est mort. » Et ces deux hommes, qui avaient chaud, et avaient chacun une petite bouteille dans leur poche, voyant notre gros noyer de la Ruellote, s'étaient assis dessous, pour se reposer à l'om... | novel_60 |
On m'a sommée de payer. J'ai refusé avec indignation. Ils m'ont emportée dans mon cachot, où était encore leur ami, que j'ai trouvé... avec Marie, dans la plus grande familiarité. Les quatre se sont réunis contre moi, et l'infâme Marie, que le joueur avait mise dans ses intérêts, pendant le temps qu'il avait passé avec... | novel_61 |
Les Folies amoureuses m'ont fort amusée, il faut en convenir. Je ne vois pas d'où vient on contraint toujours les amants ! Qu'est-ce que cela fait aux cœurs de bois, que l'on s'aime ? je crois qu'ils sont jaloux de ce qu'on est plus heureux qu'eux ? Aussi approuvé-je de tout mon cœur les amants qui trompent ces surveil... | novel_64 |
Votre sœur, qui enfin a compris son erreur, et qu'elle l'avait effrayée, est aussitôt venue me chercher, afin que je la rassurasse. Mais ma présence même ne la persuadait pas. Elle croyait Ursule morte, et que c'était son ombre. Nous l'avons remise au lit avec la fièvre. Vous imaginez que je me suis bien repentie de ne... | novel_66 |
J'adopte le blanc de préférence; mais j'emploie aussi les autres couleurs, surtout le noir, qui fait quelquefois à merveille; le rose, le vert, mais il veut de la broderie; l'orangé, le bleu céleste, le gris perle, les étoffes d'or et d'argent pour les mules, etc. La façon varie : la plus galante, celle qui fait plus d... | novel_79 |
Ma très chère amie. La situation où je me trouve enfin parvenue, m'étonne ! Mon fils est mort !... Quoi ! de toutes ces brillantes espérances que j'avais conçues, il ne me reste plus rien ! rien !... Mon frère désolé me reproche le tort que je me suis fait, comme si je le lui avais fait à lui-même : quelque ennuyeux, q... | novel_81 |
Console Ursule, Laure : dis-lui qu'elle se relève de son abaissement, apprends-lui combien de victimes lui sont immolées déjà : dis-lui que je lui en réserve une digne d'elle. Elle est marquée; depuis deux jours, je sais que son persécuteur a une fille, jeune, belle, innocente, restée chez lui sous la garde d'une duègn... | novel_83 |
Vous verrez par la copie de la lettre ci-incluse, que Mme Parangon m'a fait l'honneur de m'écrire, les bonnes nouvelles que j'ai reçues de Paris. Est-il possible, cher père et chère mère, que je m'acquitte jamais de la reconnaissance que je dois à cette femme, digne d'un trône, par son penchant à bien faire, autant que... | novel_86 |
Je me mis à faire des parties avec mes voisines, chez des abbesses célèbres, à un louis par soirée. J'amassai ainsi quelque argent, car je suis naturellement ménagère. Un jour (le plus malheureux de ma vie, après celui où j'ai quitté l' ami ),j'allaichez la G** (où était alors enfermée Ursule à mon insu) : nous étions ... | novel_91 |
Mes trois ou quatre amoureux me donnent toujours des lettres, et celui qui devait mourir de désespoir se porte à merveille : c'est que dans ma joie, il m'est arrivé un jour de lui sourire, ce qui lui a fait tant de plaisir, que depuis ce moment-là, il a un teint charmant. Je t'avouerai qu'auparavant il était fort pâle,... | novel_99 |
Il est ensuite descendu de chaire, et il a achevé le service : après lequel on a porté les corps à la sépulture. La fosse était ouverte aux pieds de nos respectables père et mère, avec l'attention de ne point découvrir en aucune manière leurs restes vénérables. On a d'abord descendu le cercueil d'Ursule, qui est fort p... | novel_100 |
La triste cérémonie achevée, on s'en est venu à la maison, où nous avons eu le spectacle touchant de la douleur des trois dames, dont je t'ai parlé ! Mme Zéphire s'était contenue durant la cérémonie, priant, pleurant et regardant mon mari les yeux fixes : mais dès qu'on a été de retour, ses larmes, ses cris, son désesp... | novel_102 |
„Ce que je dois, me dit-il, à la mémoire de Madame votre tante, m'oblige de justifier à vos yeux ses dernières dispositions. Si la haine avait causé l'éloignement dans lequel elle „a vécu par rapport à Monsieur votre „père, et qu'elle fût morte dans des „sentiments si peu chrétiens, nous „n'aurions plus qu'à gémir sur ... | novel_117 |
Enfin, le marquis voyant qu'après son nouvel attentat, il y avait deux jours que je n'avais pris de nourriture, il me fit offrir la liberté, si je voulais avaler quelque chose; je me laissai gagner : je pris avec indifférence ce qu'on me donna; j'aurais su que c'était du poison, que je l'aurais pris de même. Je fis som... | novel_118 |
Mlle Fanchette m'a paru un chef-d'œuvre. Il ne nous a pas montré ces tableaux; nous les avons vus chez lui par hasard, en fouillant, partout, pour chercher quelque lettrequim'éclairât sur ses dispositions. J'en ai effectivement trouvé une, où il était question de nous : j'y ai vu son secret, et j'ai découvert les table... | novel_120 |
J'ai bien des amants ! je les rends tous assez contents de moi : mais c'est un travail !... N'allez pas rire ! c'est un travail d'esprit, que je veux dire. Il me faut une adresse infinie pour concilier les rendez-vous, renvoyer les traîneurs, distribuer à tous ces gens-là, quand ils sont rassemblés, des attentions qui ... | novel_121 |
Dieu le détourne, mon père ! a crié votre frère aîné; et ça ne sera ni par Edmond, ni par Ursule, ni par aucun de nous, très cher père ! » Et ils n'ont plus rien dit; mais ils s'en sont venus à la maison, le fils soutenant son père, qui paraissait plus calme. Vous voyez par ce petit récit, ma très chère sœur, tout ce q... | novel_123 |
il fallait reposer : je m'en vais l'éveiller. » Je la retenais embrassée : mais elle a été au lit d'Edmond, dans la petite chambre, et elle y a tâté. »Il est levé ! le lit est froid ! il y a longtemps ! -- Ma bonne mère, ils sont... -- Partis !... ah ! je ne verrai plus mon fils !... » Et elle est quasi tombée sans con... | novel_126 |
Quelle petite épreuve ! durant six semaines... J'ai cru que j'y succomberais. Je n'ai pas marqué la moindre répugnance : au contraire, je demandais à employer tous mes moments. J'ai gagné par ce moyen l'amitié de la G**, et j'ai commencé à jouir d'un peu de liberté... Oh ! si je pouvais m'échapper ! Mais il faut que je... | novel_127 |
Madame, J'agis en conscience, et vous avez la meilleure part. Que dites-vous de la galanterie de M. le marquis ? Pour moi, je ne crois pas qu'il puisse y en avoir d'aussi bien entendue. Tout est parfait : les dentelles, les étoffes, les diamants, les bijoux; c'est d'un choix exquis ! je serais tentée de croire qu'il co... | novel_128 |
Qui sait si la bonté que ma mère a eue de penser à elle, ne fera point naître le remords dans son âme? Quant à un fils et une fille qui sont en âge de faire quel-que chose, je priai mon père de les faire venir en Angleterre où je voulais les établir. Il parut charmé de ce qu'il appelait mon bon cœur, et dans le transpo... | novel_130 |
que fais-tu, cher ami ?... Si c'était ce que je pense, et que la marquise t'absorbât absolument, je m'en réjouirais ! une aventure aussi relevée avec la femme d'un homme, dont, au fond, je suis un peu dépendante, puisque je reçois de lui, rendrait au frère, ce que la sœur perd de sa dignité naturelle : et comme tout no... | novel_131 |
mais voilà des choses qui sont moins de moi que de votre digne frère, et même de votre bonne mère qui, toute indulgente qu'elle est, a pourtant quelques craintes pour vous. Mais à tout prendre, dans ce que vous m'écrivez, nos chers parents sont heureux de n'avoir que de si petits sujets de remontrances; et moi, à part,... | novel_137 |
Je t'avouerai aujourd'hui tout bonnement qu'il m'avait frappée, le premier jour où je le vis chez Coulon, quoique le soir je n'aie pas voulu en convenir. C'est qu'en vérité j'étais honteuse qu'il eût fait sur moi, à une première fois, une impression si vive... Oui, la préférence marquée qu'il me donnait m'a flattée; ca... | novel_143 |
ma mère ! il est allé chercher sa femme que mon mari et moi recevions de notre mieux, et sans nous parler, il l'a menée par la main. Et dès qu'elle a été sur le seuil de la porte, avec cette grâce que tu lui sais, que sa rougeur et une petite honte augmentaient, notre respectable père n'a pu tenir à ça; il est venu lui... | novel_146 |
Tu es vengé. Ce n'est pas à ton faible courage que j'ai laissé le soin de remettre les choses dans l'ordre : il faut une âme ferme comme la mienne, pour punir le crime par le crime, la scélératesse par la scélératesse, l'infamie par l'infamie, la rage par la rage, l'horreur par l'horreur, et tous les transports de l'af... | novel_150 |
« Où est il ? ajouta-t-il aussitôt; son nom, sa demeure, je vous en prie ? -- Hélas ! monsieur, je l'ignore ! -- Mort et furie ! je saurai bien le trouver, moi ! -- Voyez M. Gaudet ! -- Ah oui ! c'est vrai !... Où est-il ?... Je sais son adresse : j'y cours. » Il y courait. Il revint. « Par où faut-il passer en sortant... | novel_151 |
Réconfortez-vous donc un petit brin; car votre fille sera sauvée. » Ce discours a donné un peu de courage à notre bonne mère, et elle s'est mise à questionner ses deux fils Georget et Bertrand. Mais ils n'ont pu lui rien dire, sinon qu'Edmond était tout hors de lui-même, et qu'il se dépêchait, dépêchait, à celle fin de... | novel_153 |
J'ai donc ensorcelé Ursule. À présent il me faut une chute, et je la tiens; j'en ferai ensuite tout ce que je voudrai : mais j'en jure par l'amitié, je ne m'en servirai, ou je ne la ferai servir qu'à l'avantage de son frère ! J'aurai soin ensuite d'écarter le vil instrument que j'aurai employé, pour ne pas ruiner absol... | novel_164 |
II. Chacun est maître de son corps : mais en abuser, au point de se perdre soi-même moralement et physiquement, est un crime contre la nature et contre la société. La nature nous punit par les maux physiques, tels que les maladies. La société, à laquelle nous nous sommes rendus inutiles, nous flétrit, nous rejette de s... | novel_165 |
Mademoiselle, Quoique je sois un inconnu pour vous, je viens d'obtenir de Mme Parangon la permission de vous écrire deux mots : cette respectable dame, à qui vous êtes si chère, connaît mes sentiments, et elle s'est chargée d'être mon interprète auprès de vous : si donc j'écris, c'est pour vous rendre mon hommage en pe... | novel_170 |
Sauve qui peut ! La belle Parangon est arrivée. Elle vient d'écrire à Edmond : ce sont des plaintes, des jérémiades ! La Parangon écrit comme ma belle-sœur de S**, dont les lettres m'amusaient autrefois, et qui me donneraient à présent des vapeurs. Mais admire l'aveuglement de la pauvre prude jalouse ! Edmond lui avait... | novel_174 |
(Ursule mourante, était si occupée de ma pauvre femme, qu'elle voulait lui écrire des choses consolantes, à ce que m'ont dit les personnes présentes à la mort : mais elle n'en eut ni le temps ni la force. Elle avait à côté d'elle Marianne Frémi, sa femme de chambre, à qui elle remit sa lettre pleine de sang, comptant y... | novel_176 |
Quant à ce qui est du cher frère Edmond, il paraît se bien plaire à la ville de mieux en mieux; mais il parle de Mlle Edmée à son frère aîné d'une manière qui nous donne bien à penser ! Ce n'est pas qu'il me soit avis qu'il y ait rien à craindre de ce côté-là, car voici une occasion, je crois, qui va montrer qu'il n'y ... | novel_181 |
La belle dame vit à Au** dans une retraite absolue : elle ne voit personne, pas même son mari (dit-on). Quant à lui, je le trouve très changé. On le dit atteint d'une maladie dangereuse. J'ai vu la petite Edmée-Colette à l'insu de sa mère : c'est une charmante enfant ! Si elle a le cœur fait comme tous les enfants d'am... | novel_184 |
Monsieur le comte, Il m'est facile de vous donner les instructions que vous me faites demander. Je connais la famille de la jeune personne, comme la mienne. Ce sont de bonnes gens, dont l'origine est peut-être égale à la vôtre, mais la situation présente bien inférieure ! ce sont des laboureurs, tant le père que les en... | novel_187 |
On veut que je vous écrive : je le fais, par déférence pour ceux à qui je ne puis ni ne dois rien refuser; mais, comment avez-vous osé le demander ! Vous que j'abhorre et que je dois abhorrer : vous m'avez enlevé ce que j'avais de plus précieux; sans cette insulte cruelle, je serais peut-être reconnaissante de l'honneu... | novel_188 |
Je ne vous ai conseillé que des lectures futiles et convenables à votre position. Aux femmes moins répandues que vous dans un certain monde, astreintes aux soins du ménage, il ne faut qu'un livre, la maison Rustique : si néanmoins elles sont des liseuses par goût, je leur accorderai la bibliothèque bleue, comme une trè... | novel_190 |
Tous les livres de votre frère, à l'exception du Voltaire et des Théâtres, ne sont pas faits pour vous, belle Ursule; et les deux derniers ne vous conviennent que par occasion. Voici comme je composerai votre bibliothèque particulière : 1. Les Opéras-comiques, dont vous ferez votre lecture favorite, et toutes les Coméd... | novel_192 |
peut-être que non ! qui croirait que je suis tendre sous cet habit ! Vous aurez pensé que c'était quelque polissonnerie, et vous l'aurez déchirée sans la lire !... Mon Dieu que je voudrais être homme, et tout au moins capitaine ou colonel ! Je parlerais un autre langage que celui de promesses en l'air, qui, je le sens ... | novel_197 |
Il est certain, mon ami, par ce que j'apprends ici, que ta sœur aime Lagouache : mais il ne l'est pas moins que tu dois être inébranlable dans ton opposition. Je sais que tes parents t'ont donné plein pouvoir à ce sujet, et que loin d'envoyer leur consentement, ils ont écrit tout le contraire : j'ai fait prendre des in... | novel_202 |
J'ai entendu le pavé au bout d'une heure de marche : une demi-heure après, on m'a descendue dans une maison sans cour, à ce que j'ai pensé, car je n'ai pas entendu ouvrir de porte, ni senti la voiture tourner, et je me suis trouvée dans une chambre assez propre. Une femme est venue m'y trouver qui m'a délié les mains, ... | novel_206 |
On peut dire que cet homme est un ami essentiel : tandis que les autres parlent, il agit, et va droit au but. Car si désormais, je suis réellement l'épouse du marquis, ou si le conseiller (ignorant ce qui, s'est passé, à l'enlèvement près) se détermine jamais à conclure, je crois que ma dot aidera beaucoup à les décide... | novel_208 |
« Je me perdais, comme tu vois, en beaux raisonnements, sans faire attention, qu'Edmond s'était mis à mes genoux, qu'il baisait mes mains. Ses discours à la vérité, démentaient ses actions : mais il n'en était pas moins passionné. Il me nommait sa sœur; il me jurait qu'il adorait Fanchette. Il me prit un baiser pour el... | novel_215 |
J'ajouterai que la charité même vous fait une loi de la circonspection que je vous recommande. Que Sir Derby soit véritablement résolu de changer de vie, ou qu'il feigne de le vouloir par des motifs d'intérêt, il est certain dans le premier cas, qu'il a besoin d'être fortifié par toutes sortes de motifs à persévérer da... | novel_216 |
Cependant Ursule était prosternée, sans articuler une parole. Je l'ai voulu soulever : « Ah ! Dieu ! s'est-elle écriée, est-ce vous, madame, qui venez à moi ! -- Oui, ma chère fille. Je sus hier par ton frère aîné où tu étais, et me voilà; je n'ai pas perdu un seul instant ! -- Ô bonté !... que je ne mérite plus !... -... | novel_219 |
Edmond, c'est elle encore qui doit te consoler : elle défend le désespoir; elle offre aux coupables des expiations, et le perfide assassin lui-même, celui qui a détruit son semblable, et qui mérite la destruction, ne trouve pas cette tendre mère inflexible ! Elle le prend par la main, à l'instant où la vengeance le con... | novel_223 |
J'abrège ce récit. Je le trompai au bout d'un an, une seule fois, que je le croyais en campagne. Il le sut, et le même soir, je fus conduite à Saint-Martin. C'était un jeudi. Le lendemain, je subis la honte d'être jugée en public avec les autres malheureuses, et je fus conduite à la Salpêtrière. J'y restai trois mois. ... | novel_226 |
Il faut avouer que Mme Parangon est passionnément aimée de mon frère; et je ne saurais leur faire un crime de leur mutuel attachement; il est si bien réglé, dans son excès même, que l'exemple ne peut que m'en être avantageux. Voilà donc tout le monde encore une fois content ! je le suis en mon particulier, au-delà de t... | novel_229 |
Ce qui m'a fait rire, et ne m'a pas surprise, c'est, comme je te le disais tout à l'heure, que Mme Parangon ait sa part de ces hommages; car, si j'en crois sa conduite, on s'est expliqué avec elle beaucoup plus clairement de bouche que par écrit. Ce n'est pourtant pas l'air de Mme Canon, qui fait qu'on se frotte aux pe... | novel_240 |
« Mais, mignonne, ne vois-je pas... Tu doutes peut-être ? » Il a ouvert un portefeuille garni en diamants, et en a tiré pour cinquante mille livres d'effets au porteur : « Voilà des arrhes de ma reconnaissance, dont tu ne parais douter, belle reine daigne les recevoir. » Je les ai regardés, en lui disant « Mais ce n'es... | novel_243 |
Le Vicomte d'Asaph, assez mal dans ses affaires, chercha à lui faire épouser sa fille. Ah ma chère Clarice! qu'elle était digne d'un autre époux! Malgré la brillante figure du jeune Derby, elle se sentit un éloignement pour lui qu'elle combattit en vain, et elle eût préféré un tombeau à sa main, si le choix eût été en ... | novel_248 |
Je pense que le voyage de Paris me serait avantageux; je le vois aux grâces de la chère Mme Parangon, qui, dit-on, les doit au temps qu'elle a passé à Paris; mais moi, je lui crois tout ça naturel : je te prie donc, d'en parler à nos chers père et mère, comme d'une chose utile, et qui, si tant est que M. le conseiller ... | novel_249 |
je vais maintenant passer à des choses d'un autre genre, Le marquis m'a trouvé des talents si marqués pour la danse, qu'il m'a engagée à les cultiver : j'y ai réussi au-delà de ses espérances, à l'aide des leçons du célèbre Dupré. Dans son premier enthousiasme, le marquis voulait que je débutasse à l'Opéra : j'y ai con... | novel_259 |
D'où vient que je m'attache ainsi à ton bonheur, à ta gloire, pour en faire dépendre mon bonheur et ma gloire ? Voici ma réponse. Je t'aime. Mais les âmes de boue qui m'interrogent, ne connaissent sans doute pas l'amitié. Eh bien, j'ai un système, et je veux le prouver. Quel est-il, me dira-t-on ? Que sans tous les imp... | novel_261 |
Oh ! oh !... Chacun de nous a poussé un cri; notre père s'est levé : notre mère s'est quasi évanouie, et Mme Parangon a dit qu'il fallait cesser la lecture. « Non, non », a dit rudement notre père. Ursule a continué. Et quand on l'a crue imbécile, logée dans la loge du dogue... nous avons tous frémi !... Pour moi, je s... | novel_263 |
Il ne faut plus compter sur vous, l'ami ! Vous n'arrivez pas, et des mois entiers s'écoulent ! Vous mériteriez qu'on vous laissât tout ignorer. Mais non; vous êtes un ami trop essentiel, et vos sages avis sont trop nécessaires, pour qu'on s'en passe volontiers. J'ai fait usage des vôtres à la lettre, au moins dans tout... | novel_265 |
ayez pitié de mon fils et de ma fille ! » Et voilà que nous avons eu huit ou dix grands jours de mortelle inquiétude jusqu'à temps que soit venue la lettre d'Edmond à mon mari qui nous a appris qu'Ursule était retrouvée, mais... victime d'un brutal... Cette nouvelle a porté d'abord un rayon de joie; et dès que mon mari... | novel_270 |
Encouragée par ces marques de bonté, j'osai lui dire que le respect que je devais à la mémoire de ma tante, me forçait malgré moi à une réserve qui faisait mon tourment. Ah! lui dis-je avec un transport qui, je crois, lui peignait au vrai les sentiments de mon âme: si la fortune dont je jouis, était le fruit de mes tra... | novel_271 |
Si j'ai si longtemps différé à vous répondre, très chère sœur, ce n'est ni par indifférence, ni que je me sois mal portée : au contraire, ma santé ne fût meilleure en aucun temps. Mais c'est que j'attendais que mon mari eût des nouvelles de son frère. Et justement il en a eu ces jours ici, ainsi que des vôtres, très ch... | novel_272 |
Je réponds, et j'arriverai dans peu. Il ne faut pas que l'escapade d'Ursule avec Lagouache s'effectue, mais qu'elle soit prête à s'effectuer, et qu'Edmond averti par toi, en empêche. Instruis-le par un mot d'écrit, à l'instant où Ursule sera sur le point de s'évader. Si c'était un enlèvement qui n'eût pas son aveu, à l... | novel_281 |
On me flatte que j'aurai un amant de la première distinction : c'est mon maître de danse qui se mêle de cela. Il m'a prévenue que cette affaire ne me gênerait pas; que suivant toutes les apparences, j'en serai quitte pour une nuit ou deux; attendu qu'il n'est guère possible que ce personnage m'ait en titre : vu que cel... | novel_282 |
En vérité, je regarde comme un miracle, qu'une Françoise du bel-air puisse conserver la sagesse. Recevoir de pareils livres de la main d'un agréable, qui sait que vous les avez lus lorsque vous les lui rendez, n'est-ce pas convenir avec lui que votre cœur est gâté; qu'il se vautre avec plaisir dans la fange et l'ordure... | novel_286 |
Le lendemain, mon amant, qui m'avait toujours battu froid, depuis son entretien avec le bourgeonné, me parla d'un air plus ouvert; il me proposa la promenade, et me fit descendre chez la G**. Il ne me fut pas difficile de comprendre son dessein. Je ne laissai voir aucune surprise; je descendis avec lui, et j'eus la plu... | novel_290 |
-- Quel indigne moyen... d'arracher des faveurs ! Ce ne sont pas des faveurs que la violence arrache. -- Je le sais, mademoiselle : mais j'ai employé ce terme faute d'autre. Le marquis s'est rendu bien coupable ! -- Au-delà de ce que vous pouvez imaginer, monsieur, et ses propositions de mariage secret n'ont pas été le... | novel_291 |
Et plût à Dieu que ce marquis, qui n'a le cœur aucunement gâté, réparât son offense envers ma fille, comme il vient de le faire dignement, en la personne de mon fils ! Et Dieu, pour ce, daigne conserver ses jours ! Mais mon Edmond s'est comporté d'une façon grande et digne; et je voudrais que mon vénérable père fût en ... | novel_293 |
» Mais il ne dit pas qu'on vous l'écrivît. Bien du temps par après, on entendit comme un bruit, que vous étiez la maîtresse du marquis. Mais ce bruit tomba, par la vérité qui se sut, on ne sait comment, qu'il vous traitait avec considération à cause de votre fils, et nous n'en baissions pas la tête. Tout ça alla un peu... | novel_303 |
C'est à présent, belle Ursule, que vous avez besoin de conseils, et surtout de prudence pour vous conduire ! Vous voilà au-dessus des préjugés : mais le pas est glissant ! pour peu que vous incliniez à droite ou à gauche, vous tombez, ou dans le remords, ou dans le libertinage. Je vous demande pardon de l'expression je... | novel_304 |
J'espère que Milord aura la générosité de vouloir bien partir à lettre vue; il m'en coûte infiniment de vous proposer une telle privation dans l'état où vous êtes: cependant il est le seul qui puisse ôter aux yeux du public, ce que ma fuite a d'odieux, sur-tout l'orsqu'il m'est impossible d'alléguer les raisons que j'a... | novel_305 |
Fanchette sort avec cette dernière, pour tout ce qu'il faut que nous ayons, avant notre départ. Nous avons eu à S** bien du lamentable; et je t'avoue que, moi, qui ne suis plus faite à ce ton, j'en ai par-dessus les yeux. J'ai été charmée de l'absence que nous procure notre petit voyage; et dans l'excès de mon ennui, j... | novel_306 |
Je ne sais, ma belle demoiselle, avec qui vous êtes; si c'est votre mère, votre tante, votre gouvernante, etc.; mais elle est inabordable : ou vous êtes à quelqu'un de puissant, comme un ministre, qui vous entretient en secret, ou à quelqu'un de riche, qui ne laisse rien à désirer à votre maman : dans ce dernier cas, j... | novel_309 |
Où en serais-je, avec la dépense que je fais ! Voilà plus de cinquante mille écus que je dépense, depuis un an, et le marquis n'a guère fourni que quatre-vingt mille livres : encore commence-t-il à se plaindre. C'est que sa femme, de son côté, fait aussi une forte dépense : surtout depuis quelque temps, que nous nous s... | novel_310 |
Depuis ce temps-là, je reprends de temps en temps quelqu'un de mes anciens amants, suivant qu'ils sont généreux; car je suis un peu intéressée; c'est mon défaut; j'ai observé que les vices dorés ressemblent comme deux gouttes d'eau aux vertus, et si j'étais médecin des mœurs, une Socrate, par exemple, qu'on m'amenât bi... | novel_315 |
Ils se dispersent; ils se cachent, -- mais bientôt, ils reprennent courage, ils reviennent, animés de l'esprit de leur divin maître, du bienfaiteur, du sauveur du genre humain, ils affrontent la mort, rien ne peut les arrêter ! ces, hommes généreux, ces héros, ces demi-dieux, ils viennent au milieu des pierres qui les ... | novel_316 |
Il me semble, ma chère sœur, que cette lettre est très bien, et qu'on ne peut écrire plus honnêtement : je l'en estime fort, et si mon bonheur veut que j'aie un aussi honnête mari, ma joie la plus vive viendra de celle qu'en ressentiront nos chers père et mère, de celle que vous en aurez tous, ma chère, surtout toi, av... | novel_321 |
Il était dans les hautes classes lorsque mon époux commençait, et il se rappelle que déjà Derby promettait tout ce qu'il a tenu depuis. D'ailleurs ses mauvaises façons ont tellement éclaté, qu'il n'y a personne à vingt lieues à la ronde de sa Terre, qui ne regarde votre respectable mère comme une martyre. Eh bien, vene... | novel_327 |
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